Traitement des sinusites maxillaires : symptômes, antibiotiques et origine dentaire
La sinusite maxillaire se soigne d’abord par antalgiques et lavages de nez.
- 48 heures avant de juger de l’utilité d’un antibiotique.
- Amoxicilline si au moins 2 des 3 critères bactériens sont réunis.
- Chez l’enfant, amoxicilline pendant 10 jours selon la HAS.
- Allergie à la pénicilline : cefpodoxime proxétil 400 mg.
- Formes résistantes : amoxicilline-acide clavulanique 3 g par jour.
- Avis ORL ou odontologique si suspicion d’origine dentaire.
Traitement de la sinusite maxillaire
Traitement symptomatique et antibiothérapie chez l’adulte
- Symptomatique en première intention : antalgiques et lavages de nez pendant 48 heures.
- Amoxicilline 1re intention : si au moins 2 des 3 critères bactériens sont réunis.
- Avis ORL si échec : absence d’amélioration après le traitement initial.
- Arrêt travail si douleur intense : 3 jours dans les cas majoritaires, inutile si sinusite virale bénigne.
Prise en charge de l’enfant et situations particulières
Chez l’enfant, la stratégie reste proche de celle de l’adulte, mais la durée de l’antibiothérapie est plus longue. L’amoxicilline demeure le traitement de première intention, prescrit pour 10 jours selon les recommandations de la HAS.
En cas d’allergie à la pénicilline, le médecin peut se tourner vers le cefpodoxime proxétil à la dose de 400 mg. Pour les formes résistantes ou compliquées, l’amoxicilline-acide clavulanique est utilisée à 3 g par jour répartis en 3 prises, sur une durée de 7 jours.
Dans tous les cas, il est essentiel de respecter scrupuleusement l’ordonnance pour limiter le risque d’antibiorésistance. Un avis ORL ou odontologique est recommandé si les symptômes persistent ou en cas de suspicion d’origine dentaire.
Définition et anatomie du sinus maxillaire

Le sinus maxillaire est une cavité creuse remplie d’air, située dans l’os de la joue, juste sous l’orbite. On parle aussi de sinus infra-orbitaires. Chaque personne en possède deux, un de chaque côté du nez, ce qui explique pourquoi la douleur peut être unilatérale.
Ce sinus communique avec la fosse nasale par un petit orifice. Lorsque celui-ci se bouche, à cause d’une infection, d’une allergie ou d’une carie dentaire, le mucus s’accumule et la pression augmente dans la cavité. C’est ce phénomène qui provoque la douleur typique au niveau des pommettes.
On distingue la sinusite aiguë, qui dure moins de quatre semaines, de la sinusite chronique, qui persiste au-delà. Les autres sinus (frontaux, ethmoïdaux, sphénoïdaux) peuvent aussi s’infecter, mais le sinus maxillaire reste le plus souvent concerné.
Symptômes de la sinusite maxillaire
La sinusite maxillaire se reconnaît d’abord à une douleur des pommettes, également appelée douleur infra-orbitaire. Cette douleur siège sous l’œil, souvent d’un seul côté, et peut irradier vers la mâchoire supérieure ou les dents. Elle s’accompagne fréquemment d’un nez qui coule ou d’une sensation de nez bouché, ainsi que d’une pression diffuse dans le haut du visage.
Un signe très évocateur aide à distinguer cette sinusite d’une simple migraine : la douleur s’aggrave quand la tête est penchée en avant. Se baisser, se moucher ou faire un effort accentue la pression dans le sinus. Certaines personnes décrivent aussi une gêne accrue le matin, au réveil.
- Douleur infra-orbitaire : pression unilatérale sous l’œil, irradiant vers les dents
- Aggravation tête penchée en avant : la douleur s’intensifie en se baissant
- Fièvre forte : signe de gravité qui doit pousser à consulter
- Douleurs insomniantes : à surveiller, elles peuvent signaler une complication
La fièvre forte constitue un signe sévère : elle oriente vers une infection bactérienne plutôt que virale. Des douleurs insomniantes, qui empêchent de dormir malgré un traitement symptomatique bien conduit depuis 48 heures, doivent aussi alerter. Elles peuvent traduire une sinusite compliquée ou mal contrôlée.
Certains signes doivent faire consulter en urgence : un syndrome méningé (maux de tête intenses, raideur de la nuque, vomissements) ou une exophtalmie (œil qui ressort). Ces manifestations rares évoquent une extension de l’infection au-delà du sinus et nécessitent une prise en charge immédiate.
Sinusite maxillaire d’origine dentaire
Le sinus maxillaire est situé juste au-dessus des racines des molaires et prémolaires supérieures. Une carie profonde ou un abcès dentaire non soigné peut donc franchir l’os et enflammer directement le sinus. C’est ce qu’on appelle une sinusite d’origine dentaire, différente d’une sinusite virale classique.
Elle touche souvent un seul côté et s’accompagne d’une douleur unilatérale aux pommettes, parfois majorée par la mastication. Contrairement à la sinusite virale, elle ne guérit pas seule : le foyer infectieux dentaire doit être traité. Un avis odontologique est donc indispensable, en complément du traitement médical.
En pratique, le médecin recherche systématiquement une cause dentaire devant toute sinusite maxillaire unilatérale ou traînante. Un examen chez le chirurgien-dentiste permet d’identifier la dent responsable (carie, abcès, soin ancien) et de la traiter par soins conservateurs, drainage ou extraction si nécessaire. Sans ce geste, les récidives sont fréquentes.
Antibiotiques : choix et durée
L’antibiothérapie n’est pas systématique. Dans une sinusite maxillaire aiguë purulente, elle se justifie lorsque 2 des 3 critères suivants sont réunis : douleur unilatérale, purulence verdâtre et augmentation des symptômes après amélioration initiale.
| Molécule | Dose adulte | Durée adulte | Durée enfant | Indication |
|---|---|---|---|---|
| Amoxicilline | 1re intention | Selon évolution | 10 jours | Adulte et enfant |
| Amoxicilline-acide clavulanique | 3 g par jour en 3 prises | 7 jours | Non précisé | Sinusite frontale ou ethmoïdale |
| Cefpodoxime proxétil | 400 mg | Non précisé | Non précisé | Allergie pénicilline |
Amoxicilline en première intention
L’amoxicilline reste le traitement de référence chez l’adulte comme chez l’enfant. Chez l’enfant, la durée recommandée est de 10 jours. Chez l’adulte, en cas d’échec après 48 heures de traitement symptomatique seul, une antibiothérapie peut être envisagée.
L’amoxicilline-acide clavulanique est réservée à certaines situations : la dose est de 3 g par jour répartie en 3 prises, sur 7 jours. En cas d’allergie à la pénicilline, le cefpodoxime proxétil est une alternative à 400 mg.
Observer le délai de 48 heures
Avant de prescrire, respecter un délai de 48 heures avec traitement symptomatique seul permet souvent d’éviter un antibiotique inutile en cas de sinusite virale. Si les symptômes persistent au-delà, un avis ORL devient nécessaire, surtout en cas d’échec de l’amoxicilline.
Le respect strict de l’ordonnance est essentiel pour limiter l’antibiorésistance : ni dose doublée, ni arrêt anticipé, ni reprise sans avis médical.
Diagnostic et examens complémentaires
Le diagnostic d’une sinusite maxillaire repose d’abord sur un examen clinique simple, réalisé au cabinet. Le médecin inspecte la cavité buccale et la cavité nasale à la recherche de pus, d’une déviation de la cloison ou d’une dent suspecte. Cet examen oriente vers une origine virale, bactérienne ou dentaire.
En complément, un rhinoscope, rigide ou souple, permet de visualiser directement les fosses nasales et le méat moyen, où s’abouche le sinus maxillaire. On recherche un écoulement purulent ou un œdème de la muqueuse. Cet examen est indolore et rapide, il ne nécessite pas d’anesthésie.
La liste des examens possibles comprend :
- Examen cavité buccale et nasale : recherche de pus et de signes dentaires.
- Rhinoscope rigide ou souple : visualisation du méat moyen et de l’écoulement.
- Scanner des sinus : uniquement si doute diagnostique ou complication suspectée.
- Avis chirurgien-dentiste : recommandé dès qu’une origine dentaire est évoquée.
Le scanner des sinus n’est pas systématique. Il est demandé en cas de sinusite compliquée, d’échec du traitement ou avant une chirurgie. Il permet aussi de confirmer une atteinte dentaire passée inaperçue à l’examen clinique.
Une consultation chez le chirurgien-dentiste s’impose si l’on suspecte une carie ou un abcès dentaire, notamment quand la douleur est unilatérale. Un avis ORL est utile en cas de sinusites à répétition, d’échec de l’antibiothérapie ou de doute sur une cause anatomique.
Enfin, certains signes doivent alerter immédiatement : un syndrome méningé (céphalée intense, raideur de nuque, vomissements) ou une exophtalmie (œil qui ressort) évoquent une complication grave. Dans ce cas, une prise en charge hospitalière urgente est nécessaire.
Causes de la sinusite maxillaire
La cause la plus fréquente reste virale, souvent au décours d’un rhume. Le virus bloque l’orifice du sinus, la muqueuse gonfle et les sécrétions stagnent. Dans ce cas, le traitement symptomatique suffit le plus souvent et l’infection guérit seule en quelques jours.
Une origine bactérienne est évoquée face à une sinusite purulente persistante ou qui s’aggrave. Le diagnostic repose alors sur des critères précis, notamment la présence d’au moins deux signes sur trois parmi la douleur unilatérale des pommettes, la purulence et l’échec du traitement initial. Une allergie peut aussi favoriser la congestion chronique et entretenir le terrain.
Enfin, l’origine dentaire est une cause à ne jamais négliger : une carie ou un abcès de la mâchoire supérieure peut contaminer directement le sinus maxillaire, situé juste au-dessus des racines. Devant une douleur unilatérale qui persiste, un avis chez le chirurgien-dentiste est donc indispensable pour traiter la source infectieuse.
